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« Libéralisme allemand | Accueil | Le problème de la TVA sociale »

16 octobre 2006

Commentaires

hayekFan

M. Francois Bilger,

mon opinion est que l'ecart de patrimoine est plus eleve en Allemagne que dans les autres grands pays europeens.
Comme vous savez, on compte aujourd'hui en Allemagne une bonne cinquantaine de familles milliardaires. Par rapport a la population, cela fait un pourcentage au moins 3 fois plus important qu'en GB, France et Italie. Le pourcentage de chomeurs, lui, il est enormement plus eleve qu'en Italie et GB, et superieur aussi a la France, meilleure eleve du model social allemand. A signaler aussi que les chomeurs ne sont plus comptabilises des qu'ils s'inscrivent a un cours de formation, tout en restant chomeurs. Sans cette ruse statistique, le bilan serait certainement plus lourd et douloureux.
Je ne sais comment interpreter cet exces de milliardaires et chomeurs si non comme une distribution extremiste des patrimoine, signe d'une forte injustice et inegalite sociale.

Sur les familles historiques je ne peux m'empecher de remarquer vos anachronismes (sans doute expliques par une ecriture hative): les Quandt batirent leur fortune avec la vente des uniformes a l'armee lors de la Premiere Guerre mondiale. Springer e Burda fonderent leurs groupes dans le XIX siecle.

La realite est que aucun grand groupe de taille mondiale n'a ete cree depuis 1945, a l'exception notable pres de SAP. Non seulement aux USA (ou ils sont tres nombreux) mais aussi en Amerique Latine, Asie et Europe (ne serait-ce que Ikea ou Nokia) vous trouvez au contraire des leaders mondiaux surgis dans l'apres guerre.

La grande industrie allemande a ete faite, il faut le reconnaitre, avec des modeles sociaux qui ne furent pas les actuels. Survecue a la guerre (et parfois aidee par elle), elle s'est gonfle avec l'apport indispensable du Plan Marshall et represente aujourd'hui une reference en terme de qualite technique, qui en fait le premier exportateur au monde. L'ordoliberalisme n'a pas de merite dans tout cela. Au contraire on se demande ce que l'Allemagne aurait pu faire avec un systeme plus liberiste, sans doute continuer l'expansion et la croissance connue dans son age d'or.
Mais on entre ici dans le domaine du possible, comme vous faites avec vos hypotheses revisionistes d'une "nouvelle inversion de la hierarchie des modeles".

Personnellement je vois plutot un avenir tres difficile pour l'Allemagne:
1) l'exceptionelle croissance mondiale est destinee a se reduire voire disparaitre et les economies basees sur l'export vont se degonfler. BMW realise 605 de son chiffre aux USA. Qu'arrivera-t-il quand le consommateur USA epuise par ses propres dettes sera obliger de rouler en Kia?
2) le cout croissant des matieres premieres va penaliser les pays comme Italie et Allemagne qui en sont depourvus
3) le vieillissement de la population allemande est un fait important qui posera des serieux problemes economiques.
Et pourtant meme dans cette periode transitoire tres favorable aux pays exportateurs, l'Allemagne ne presente qu'un taux de croissance de 2.5%, compare a une augmentation annuel de M2 de 7%, ce qui fait planer des doutes sur la consistence de cette croissance en termes reels.
Si on rajoute les considerations de justice sociales exprimees plus haut, la dette publique et le deficit, on ne peut pas tirer un bilan satisfaisant de ce modele social.

Alors pourquoi, M. Bilger, dans les milieux academiques et politiques de l'Europe continentale on en admet pas d'autres? Pourquoi on ne veut donner aucune chance a d'autres modeles plus liberistes, utilises avec grand succes dans les pays anglosaxones, slaves, baltiques et scandinaves? Des modeles qui ont enrichi des pays si differents comme HongKong, et Australie?

Vous envisagez c'est vrai une certaine flexibilite (a propos de la Banque Centrale), mais vous me semblez aller dans le mauvais sens!
La Banque Centrale est une institution anti-liberiste par excellence, et si son but a ete de defendre la stabilite des prix, quel bilan peut-on tirer face a l'actuelle flambee des assets immobiliers, industriels, boursiers, des matieres premieres, bref, de tout ce qui peut monter mis a part les lecteurs dvd faits en Chine? Comment peut-on penser de garder les prix stables si on augmente M3 a un rythme de 7% par an?

Pour retourner au modele allemand, je n'y vois pas une tentative deliberee d'ameliorer le monde. J'y vois plutot une tendance involontaire et excessive a la concertation sur tout qui paralyse le pays. Tendance sans doute heritee d'une nefaste periode dictatoriale. Pendant que Euronext et NYSE fusionnent, Deutsche Boerse reflechit. La structure du capitalisme allemand est blindee depuis des decennies: les droits de vote dans Volkswagen sont congeles par les Laenders, et aucune OPA n'est possible.
Une frozen society, que l'allemande, congelee dans les privileges et dans la pauvrete, avec un taux d'ascension sociale derisoire. On se moque des francais et de leur patriottisme economique, mais quelle est la derniere grande societe allemande achetee par des etrangers?
Rien ne change dans celle qu'on peut a juste titre appeller l'"economie sociale du chommage"

TL

Hayekfan,

La croissance de l'agrégat monétaire de référence (M3) ne permet absolument pas de préjuger de l'évolution du niveau des prix. Aucune étude économétrique n'a jamais réussi à démontrer l'existence de corrélation stable entre masse monétaire (MM) et niveau général des prix (NGP) plus loin qu'à très court terme. De plus les coefficients de corrélation observés varient dans le temps, ce qui revient à considérer qu'il est impossible (sauf chance) de prévoir l'évolution NGP ou de l'indice des prix à la consommation ou à la production, à partir d'un flux d'émission monétaire.
De plus, corrélation ne signifie pas causalité, et pour reprendre la relation entre MM et NGP, il y a deux sens de causalité possibles : 1) MM-->NGP, 2) NGP-->MM.
Le premier point de vue est implicitement admis par la quasi-unanimité des economistes de tout bord (néoclassiques et néokeynésiens), alors que je le répète la confirmation statistique et économétrique fait toujours figure d'arlésienne. Il faut tout de même remarquer que les hypothèses posées pour vérifier l'inflation d'origine monétaire sont d'un irréalisme tout particulier : plein-emploi, concurrence pure et parfaite (dont l'information parfaite, hypothèse très sévèrement, et à juste titre, critiquée par Hayek...), répartition de la monnaie additionnelle entre tout le monde AU PRO RATA du patrimoine monétaire déjà possédé (ce qui est radicalement en contradiction avec le mécanisme de crédit, qui attribue à une partie seulement des agents la nouvelle monnaie) et enfin non-modification des préférences avec l'augmentation du pouvoir d'achat nominal (la simple vérification de la loi d'Engel infirme cette dernière hypothèse). Dans la réalité donc, il est possible de prouver que la simple existence du chômage infirme cette relation.

L'autre sens de causalité (NGP --> MM) est proposé par A. Aftalion dans les années 20, qui repose sur la simple évidence que parfois, on a besoin de plus d'argent parce que les prix ont augmenté... La masse monétaire varierait avec les prix. Révolutionnaire conception que voilà.
On peut également remarquer que le crédit inter-entreprises ne nécessite pas de monnaie et n'empêche nullement celles-ci d'augmenter leurs prix...
On sait par ailleurs que la création de nouveaux actifs financiers amène un accroissement de la croissance de M3, sans conséquence inflationniste. J'en ai fini avec la relation NGP/MM.
Par contre, la monnaie émise posera à terme le problème du remboursement, y compris celui des intérêts, et il y a fort à parier que si l'accroissement de la MM est durablement plus rapide que la croissance, on assistera tôt ou tard à une série de faillites de ménages ou d'entreprises. De ce point de vue-là, on peut s'inquiéter du taux de croissance de M3.

Sur le chômage, le trucage de statistiques est une dicipline dans laquelle l'Allemagne n'est pas la seule à concourir : la France est très douée, mais selon certains la palme reviendrait au Royaume-Uni...

hayekFan

TL
je vous remercie pour cette interessante dissertation sur les liens entre augmentation de M2 et de NGP.

Je savais qu'en me laissant emporter par une observation decidement hors sujet, j'aurais "risque" des commentaires comme le votre, tres apprecie, qui nous eloignent pourtant du theme, qui est l'ordoliberalisme du model rhenan et sa reussite (ou plutot son echec).

Si j'en suis arrive a parler de Banque Centrale, (stimule par la proposition de M. Francois Bilger d'attribuer a cet organisme la tache de soutenir emploi et croissance) est parce que je vois mal comme une institution qui a historiquement echoue dans sa tache de stabilite des prix, pourrait se charger d'une tache ulterieure.

Quant a la relation entre NGP e MM, "hypotheses non fingo" pour reprendre la celebre phrase de Isaac Newton, qui s'est aussi occupe avec succes de politique monetaire. (LOL!)

J'observe neanmoins que si la politique de doubler la masse monetaire tout le 10 ans (avec un taux annuel de 7% c'est le resultat qu'on obtient) n'a pas garanti la stabilite des prix, on pourrait peut etre essayer avec une autre politique.

Ou alors, bien evidemment on pourrait aussi essayer de supprimer purement et simplement la Banque Centrale. Apres tout quand on considere la flambee de l'immobilier, de tous les actifs et des matieres premieres, je me demande serieusement si sans aucune BCE les prix en Euro auraient pu vraiment s'envoler encore plus haut.

Mais vous le savez mieux que moi, la dictature culturelle neo-keynesienne exercee dans les milieux academiques francais empeche ne serait ce que l'idee d'une tel sacrilege. Gardons donc notre BCE: bien investis en or et argent, la repetition generale des annees 70 nous fera tous un peu plus riches, grace a cette chere BCE qui doit veiller sur la stabilite des prix (!).

FB

HayekFan

Si j’ai bien compris, l’Allemagne est devenue, d’après vous, sous l’égide de l’économie sociale de marché, une société écartelée entre quelques milliardaires et une masse de chômeurs, sans la moindre perspective d’ascension sociale, plongée dans « l’injustice et l’inégalité » et littéralement « congelée dans la pauvreté ». Ne pensez-vous pas que vous exagérez un peu ? Certes, la société allemande présente, comme bien d’autres, de multiples défauts, mais de là à en tracer un portrait aussi excessif ! Ce portrait étonnera en tout cas tous ceux qui connaissent bien l’Allemagne et qui savent le profond consensus social et l’attachement massif de la population allemande à son système économique et social depuis plus de cinquante ans. Ce peuple serait-il devenu à ce point stupide et ignorant de sa propre réalité économique et sociale ?

Bien entendu, la plupart des entreprises allemandes importantes sont nées avant la Seconde guerre mondiale, mais celles que j’ai citées n’ont acquis qu’après 1945 un rôle économique vraiment significatif. J’aurais pu citer en effet Sap, mais aussi Adidas ou Puma et bien d’autres. Le nombre de milliardaires allemands (55 selon le dernier classement Forbes) ne fait que traduire l’importance de la troisième économie mondiale, comme les 380 milliardaires américains celle de la première puissance mondiale. Le nombre de chômeurs résulte essentiellement, je le répète, de la charge exceptionnelle de la réunification. En tout cas, ces phénomènes ne peuvent donner une indication précise de l’écart entre les riches et les pauvres au sein d’une société. La mesure de cet écart, communément admise par les économistes, est ce qu’on appelle le « coefficient de Gini ». La dernière étude comparative internationale, à ma connaissance, est une étude publiée en 2002 par la Commission Européenne, intitulée « Income on the move » et consultable sur son site « Europa ». Elle indique qu’en 1997 le coefficient de l’Allemagne était 29 contre par exemple 23 pour la Suède, 30 pour la France, 34 pour la Grande-Bretagne et environ autant pour les pays slaves. Si la Suède fait nettement mieux que l’Allemagne et a fortiori que la Grande-Bretagne, ce n’est pas dû à une politique plus « libériste » comme vous dites, mais, comme chacun sait, en raison d’une fiscalité directe et d’une concertation collective encore plus élevées que celles de l’Allemagne, c'est-à-dire d’une variante encore plus « sociale » de l’économie sociale de marché.

Sur vos prévisions, je ne suis pas d’avantage d’accord. Il faut se garder de prendre des phénomènes conjoncturels pour des tendances de long terme, sous peine d’être tôt ou tard cruellement démenti par les faits. La croissance mondiale va probablement se réduire en 2007 ( et encore d’avantage celle de l’Allemagne à cause de la hausse sensible de la TVA ), mais elle reprendra inévitablement dans les années suivantes, ne serait-ce qu’en raison des immenses besoins insatisfaits et des non moins immenses ressources disponibles en Russie, en Asie et en Amérique Latine. Il y a toujours eu également des fluctuations très importantes et généralement plus longues de la production et du coût des matières premières, mais là aussi la tendance de fond sera sûrement positive. Souvenons-nous toujours des prophéties de pénurie durable de bois dans la Grèce antique ou de celles de pénurie définitive d’aliments du début du 19è siècle ! Quant au phénomène du vieillissement et du déclin démographique, où l’Allemagne et le Japon précèdent un mouvement qui affectera tôt ou tard tous les pays développés, je ne me suis pas encore fait une opinion précise en ce qui concerne son effet sur la richesse et le bien-être d’une population, mais je ne crois pas a priori qu’il n’ait que des conséquences négatives.

Enfin, sur la Banque Centrale et la politique monétaire, je partage assez largement l’objection émise par TL dans son commentaire, mais c’est une vaste question qui déborde de beaucoup le débat autour de l’économie allemande et je me réserve d’y revenir plus précisément lorsque j’aurai mis en ligne mes écrits dans ce domaine.

hayekFan

M. Bilger
merci pour votre reponse.
En premier lieu, ne pensez pas que je sousestime les atouts certains de l'economie et de la societe allemande. Si j'ai utilise pour synthetiser ma pensee, quelques formules qui peuvent vous avoir choque, ce n'est que pour me demarquer d'une certaine admiration acritique de la societe allemande qu'on pressent dans plusieurs milieux europeens et qui rappelle celle des annees 30, fort heureusement sans les terribles consequences que l'Europe a du subir a l'epoque. Mais on est force de reconnaitre la puissance de son industrie, la meilleure organisazion de ses infrastructures, etc etc Tout simplement, j'y vois pas un merite de l'ordoliberalisme.

Et je reste d'avis que la societe allemande est plus injuste que la moyenne europeenne. Sur le nombre de milliardaires, quid du Japon, qui a moins de milliardaires que l'Allemagne et une economie bien plus riche? Imaginez aussi che la France fusionne avec GB et Italie: on aurait un economie presque double que l'Allemande, avec meme pas trois quarts des milliardaires allemands!
Il y a certainement une anomalie dans le nombre et surtout dans le NOMBRE PAR TETE des milliardaires allemands, qu'il serait interessant d'investiguer.

Je n'accepte pas les mesures du coefficient de Gini appliquees aux revenus comme evaluations des ecarts de richesse.
Le revenu n'est pas le patrimoine! Imaginez que M. Besancenot gagne les presidentielles et impose un salaire universel identique pour tous les travailleurs, en reduisant par les impots tout revenu professionnel qui excede ce salaire universel.
L'index de Gini de la France deviendrait le meilleur du monde, toutefois on aurait toujours des chomeurs et des M. Arnault ou Mme Betancourt, et sans aller aux extremes, des contribuables ISF et des locataires incapables d'acheter leur logement.
Bien au contraire, on pourrait presque affirmer que un mauvais index de Gini represente une chance pour les defavorises, car ils peuvent par le biais de hauts salaires, monter dans l'echelle sociale.
A ce propos, j'ai souvenir d'une etude sur les sources de la richesse en Europe et aux USA.
60% environ des nouveaux millionnaires aux USA sont des salaries, alors que la proportion s'inverse en Europe a l'avantage des entrepreneurs.
Ce qui montre que des ecarts importants entre salaires sont des puissants moyens d'ascension sociale, alors que dans les pays a bas index de Gini, la societe est comme cristallisee, qui est riche le demeure, et autant pour le pauvre.
Moralite, appliquer aux ecart de revenus le coefficient de Gini me semble surtout une mesure du salaire minimum et de la pression fiscale qui plafonne les maximums.

Enfin, la meilleur preuve que la richesse de l'industrie allemande ne profite pas aux classes moyennes, mais aux classes superieurs, me semble la stagnation de la consommation interieure qui fait craindre fort le jour ou les exportations devaient subir une recession mondiale, ou une accrue concurrence asiatique, qui a eu recemment le culot de presenter une voiture Smart electrique, a vendre des 2007 en Europe a 4000 euro.

Je veux etre tres clair ici, l'Allemagne me semble le pays le plus fiable et mieux organise d'Europe. Et je pense qu'il aurait beaucoup a gagner de l'abandon du model ordoliberale.

FB

HayekFan,

Vous maniez remarquablement le paradoxe et l’art de l’esquive. Après avoir prétendu que la société allemande était très injuste, voilà maintenant que vous trouvez que les écarts de revenus n’y sont pas assez élevés ! Quid alors de la Suède et des autres pays scandinaves, que vous citiez pourtant en exemple auparavant ? Avouez tout de même qu’à la longue, les écarts de revenus contribuent à déterminer les disparités de patrimoines. Toutes les études faites à ce sujet ont démontré la relation à long terme entre évolution des revenus ou plus exactement des revenus non consacrés à la consommation et celle des fortunes. Mais comme le taux d’épargne moyen demeure à long terme à peu près stable (parce que les ménages consacrent toujours l’essentiel de leurs revenus à l’amélioration de leur niveau de vie), la structure des patrimoines demeure également assez stable jusqu’à présent et ceci dans tous les pays développés qui publient les statistiques correspondantes.

La répartition des fortunes reste donc toujours très inégalitaire dans ces pays développés et est à peu près deux fois plus inégalitaire que celle des revenus. C’est aussi le cas de l’Allemagne. D’après une étude universitaire de 2004, le coefficient de Gini des patrimoines s’est situé en Allemagne de l’Ouest en 1973 (première année disponible) à 75, en 1993 à 62 puis est remonté en 1998 à 64. En Allemagne de l’Est, il est passé de 69 en 1993 à 68 en 1998. Il y a donc eu une réduction tendancielle de l’inégalité, faible certes et partiellement réversible, mais tout de même significative. J’ajoute que l’OCDE qui publie un indicateur de la pauvreté de ses pays membres, situait l’Allemagne en 2000 en 6è position, derrière là aussi les pays scandinaves mais devant la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

Je veux bien poursuivre avec vous ce débat sur l’Allemagne, important évidemment dans la mesure où ce pays est le foyer de l’ordolibéralisme, mais je crains que nous ne puissions jamais arriver à un accord, puisque vous n’attribuez à cette doctrine que les échecs et aucun des succès de l’Allemagne. Cela me fait penser à ce mot du Maréchal Foch à qui l’on demandait s’il estimait avoir gagné la Première guerre mondiale : « Je ne sais pas si je peux me considérer comme le vainqueur de cette guerre, mais je sais qu’on m’aurait sûrement considéré comme le vaincu si nous l’avions perdue ». Pour le moment, l’Allemagne, après avoir longtemps connu de grands succès, est en train, comme d’ailleurs tous les autres pays développés, de mener une bataille économique difficile. Attendons la fin de cette bataille avant de nous prononcer définitivement.

Mais, en attendant et puisque vous proposez d’abandonner l’ordolibéralisme, peut-être pourriez-vous nous expliquer de manière plus précise quelle conception alternative et quel modèle national exactement auraient votre faveur. Je suis persuadé que cela intéresserait beaucoup tous nos lecteurs.

hayekFan

M. F. Bilger,
l'ordoliberalisme, qui (il faut tout de meme le reconnaitre) a plonge l'Allemagne du premier ou deuxieme rang economique avant la deuxieme guerre mondiale, a la cinquieme d'aujourd'hui, est seulement un aspect de la progressive prise de controle du marche de la part des autorites politiques. J'ai remarque que vous comparez souvent l'Allemagne aux USA, avec une sorte de Schadenfreude mal retenue quand on parle d'egalite sociale ou endettement. Mais vous oubliez peut-etre que depuis longtemps les USA ont ete attaques par les memes virus du control politique sur l'economie que l'Europe, au point qu'on pourrait presque parler d'ordoliberalisme yankee. Vous avez donc raison quand vous me proposez le defi de suggerer un autre systeme. La classe politique est le vrai vainqueur du XX siecle et jamais ses erreurs ont eu tellement de consequences.
Je vous invite a reflechir sur 2 points seulement, qui pourraient si vous voulez, faire l'objet de "threads" separes

1) les "reserves federales" ou "banques centrales". Leur mission, chacun le sait, est la stabilite de la devise. Prenons donc la FED. Dans les 130 ans ou elle n'existait pas, le rapport dollar/or a ete plutot stable. Dans le 93 ans ou elle a opere pour la stabilite du dollar, le dollar a perdu 95% de son pouvoir d'achat et sur l'or. N'importe quel observateur objectif en deduirait que la FED a totalement echoue et qu'il faut essayer autre chose.

2) les ecarts de revenus. John Pierpoint Morgan, que tous les textes socialistes et pseudo-tels presentent comme diabolique representant des trusts dans les "roaring nineties", une epoque que la "vulgata" ordoliberale considere l'archetype des exces liberistes, eh bien ce puissant et tres respecte banquier, declara souvent qu'il envisageait un rapport maximum de 1:20 entre la plus haute et la plus faible remuneration de n'importe quel entreprise (et il l'appliquait dans celles qu'il controlait, tres nombreuses).
Quelle a ete donc l'amelioration apportee par des decennies de socialismes, d'ordoliberalisme, d'Etats qui se melent, des longues discussions avec les syndicats (que nos concurrents asiatiques souhateraient infinies)?
M. Isemberg aux USA a percu en 2005 un salaire de PDG + bonus varies de $72M, j'imagine que la femme qui fait le menage de son bureau en a eu pour 72M/20 = 3.6M
En Europe, la situation est la meme, nos meilleurs PDGs jouant l'arme du chantage et du depart aux USA.

N'en vous deplaise, l'age d'or de l'occident a ete celle des quelques decennies 1870-1913, avant les terribles erreurs Wilsonien de la creation de la FED, de l'impot sur le revenu et de tous les autres fleches que les Etats ont rajoutes par la suite a leur arc. Pour se nourrir aux depens de l'economie vraie. Fort heureusement, un vent nouveau semble se lever depuis la Scandinavie aux pays slaves, a la GB de Blair, et tres doucement dans le bloc colbertien France-Italie-Allemagne (celle ci etant certainement la plus liberiste des trois). A quand un retour au gold standard comme il y a cent ans?

FB

HayekFan,

A force d’échanger des commentaires de plus en plus rapprochés, il nous faudra peut-être créer bientôt entre nous un « téléphone rouge », comme entre le président américain et le président russe. Mais j’avoue que je commence à être un peu las de rectifier sans cesse vos erreurs d’appréciation sur la réalité allemande. Celle-ci est loin d’être parfaite, comme d’ailleurs celle de beaucoup d’autres pays, et l’on pourrait énumérer toute une série de dysfonctionnements graves. Mais pourquoi, au lieu de cela, affirmer des inexactitudes ? Comment pouvez-vous dire par exemple que l’Allemagne est la cinquième puissance économique mondiale, alors que toutes les statistiques des organisations internationales la situent au troisième rang ? Comment pouvez-vous prétendre que la régression du deuxième au troisième rang par rapport à la situation d’avant la 2è guerre mondiale est due à l’ordolibéralisme, alors que le dépassement de l’Allemagne par le Japon plus peuplé est dans la nature des choses et qu’il en sera bientôt de même lorsque la Chine, la Russie ou encore l’Inde, avec leurs énormes populations, en feront autant ? A ce compte, la Grande-Bretagne ou l’Australie, que vous citez si favorablement, devraient depuis longtemps avoir dépassé l’Allemagne. Quant à ma référence constante aux Etats-Unis, comment pouvez-vous imaginer qu’elle soit due à une sorte de « Schadenfreude », alors qu’il est tout à fait logique de toujours se référer, dans les comparaisons internationales, à l’économie la plus puissante et la plus avancée du monde ? Je ne comprends décidément pas certains de vos raisonnements.

Ceci dit, je suis heureux que vous quittiez un peu la question de l’Allemagne au profit de thèmes plus généraux et plus intéressants, même si je préfère en reporter la discussion approfondie dans le cadre de Notes qui seront publiées ultérieurement. Sur le problème des écarts de revenus et notamment des excès de rémunération de certains PDG, je vous rappellerai simplement que le phénomène est mondial et caractérise précisément un mouvement général vers le capitalisme patrimonial et l’ultra-libéralisme financier, engagé depuis une vingtaine d’années en dépit et non pas à cause du socialisme, là où il existe encore, ou de l’ordolibéralisme ou de la concertation des partenaires sociaux. Je ne vois pas en tout cas comment un retrait supplémentaire de l’Etat pourrait améliorer la situation sur ce plan-là. Vous savez que cette question est longuement traitée sur le blog de mon frère Pierre et que quelques solutions y sont proposées. Pour ma part, j’ai également quelques idées à ce sujet, mais, encore une fois, j’y reviendrai plus tard.

Sur la nécessité ou la nocivité de l’existence des banques centrales, vous savez sans doute que les libéraux ont depuis toujours été très divisés. La substitution à la politique monétaire soit de l’étalon-or (Rueff) soit d’un étalon-marchandises (Eucken) soit de règles automatiques d’émission monétaire (Friedman) fait toujours débat, avec des arguments pour et contre chaque solution. L’étalon-or par exemple, c'est-à-dire la convertibilité de la monnaie en or à un cours stable, n’a jamais préservé l’économie de l’inflation ni de la dépression en fonction de l’expansion ou au contraire de la contraction de la production d’or dans le monde. Voir par exemple l’inflation séculaire du 16è siècle ou même celle de 1896 à 1910 suivie de la récession ayant contribué à l’explosion guerrière de 1914. Pour assurer durablement l’expansion dans la stabilité, il faudrait à mon sens d’autres techniques dont parle l’ouvrage que je mettrai en ligne d’ici quelque temps. Sur la base de cette analyse approfondie de la question, je serai tout à fait ravi de rediscuter avec vous à ce sujet.

En revanche, je suis bien d’accord avec vous sur le fait que les tendances longues de l’économie européenne et même mondiale avant 1914 étaient très positives, que leur interruption par les deux guerres mondiales a été une catastrophe absolue et que les innovations de politique économique entraînées par les perturbations économiques et sociales dues aux deux guerres mondiales n’étaient de loin pas toutes valables quand elles n’ont pas été franchement négatives. D’ailleurs on assiste depuis vingt à trente ans, partout dans le monde, y compris dans ce que vous appelez « le bloc colbertien », à un retour progressif au libéralisme interne et au libre-échange international caractéristiques du 19è siècle. Nous effaçons petit à petit, lentement mais sûrement, les séquelles d’un 20è siècle catastrophique

hayekFan

si vous permettez, M. Bilger, l'erreur est de votre part (absit injuria). Les estimations du produit national brut PPP (purchasing power parity) 2005 pour la Chine, l'Inde et l'Allemagne sont dans l'ordre de $8.8T, $3.6T, et $2.5T.
On peut certes se bercer dans les chiffres non corrigees par le pouvoir d'achat, mais il me semble que 2 Etats qui produisent 1 velo chacun aient le meme PNB, meme si dans un Etat les velos se paient le double que dans l'autre.

Je refuse absoluement que les ecarts de remuneration soient dus a l'"ultra-liberalisme financier" (terme dont on pourrait s'amuser a vous demander une definition rigoureuse):
quoiqu'on signifie avec cette curieuse expression, l'epoque de J.P.Morgan y etait bien plus proche que la notre, et pourtant les ecarts de remuneration etaient enormement plus faibles. La technique d'attribuer la faute de tous les maux du siecle a l'"ultraliberalisme" est un vieux expedient rethorique utilise par socialistes et ordoliberaux: dommage qu'il n'existe aucune preuve.

Si je connais l'inflation du XVI siecle due aux decouvertes d'or dans le Nouveau Monde, je crois pas qu'on puisse comparer l'inflation 1896-1910 du moins aux USA avec ce qu'on a vu plus tard par example dans les annees 60 et 70 suite a l'abandon de l'etalon or, et a la creation dereglee de monnaie par toutes les banques centrales, qui persiste sans faiblir. Jusqu'en 1913 2 dollar en or achetaient un costume haut de gamme. Entre 1913 et 2006 le dollar a perdu 95% de sa valeur, a mon avis a cause de la creation de "fiat money" en papier de la part de la FED. Curieux que les memes 2 dollar en or achetent aujourd'hui encore un costume haut de gamme, avec leur valeur de $2000!
Je suis heureux d'apprendre que vous considerez la politique economique du XX siecle comme ruineuse. Il m'est plus difficile de comprendre comment vous pouvez accorder ordoliberalisme et intervention de l'Etat avec le rejet du XX siecle, qui sous l'impulsion nefaste de J.M.Keynes a ete un festival d'intervention centralisee dans l'economie et de dopage inflationniste de celle-ci. Festival dont on paie maintenant les dures "hangovers" en terme de pietre competitivite face aux Tiers Monde et d'ecarts astronomiques de retribution qui demotivent la plupart des travailleurs.

Inutile de dire que j'attends avec impatience et gratitude vos ulterieures contributions sur ces sujets passionnants.

FB

1) Comme leur nom l'indique, les comparaisons internationales des PIB en PPE (ou PPA en français) permettent de connaître les pouvoirs d'achat respectifs de divers pays mais non leur puissance économique. Il est certain, pour reprendre votre exemple, que l'Allemagne et d'autres pays européens ne fabriquent presque plus de vélos ou très cher, mais en revanche des avions dernier cri, des trains ultra-rapides et toutes sortes de machines et d'équipements sophistiqués que la Chine est encore incapable de fabriquer ou seulement sous licence. Les coûts de production et les prix des produits traditionnels, comme les vélos ou les textiles, y sont relativement élevés, ce qui est une des conséquences du niveau de développement. C'est la raison pour laquelle les comparaisons internationales significatives demeurent celles qui se rapportent à une unité monétaire de référence, en général le dollar, même si cette mesure est également imparfaite.

2) Je ne sais pas comment vous expliquez vous-même la brutale augmentation des écarts de rémunération depuis une vingtaine d'années, mais il me paraît difficile de l'attribuer à l'intervention des Etats.

3) Le prix relatif et le pouvoir d'achat de l'once d'or se sont beaucoup accrus à long terme au cours des siècles, mais il en est de même du diamant, des autres pierres précieuses, d'une multitude de matières premières et encore du pétrole. C'est avant tout dû au rapport entre l'offre et la demande et, comme pour les vélos ou les textiles évoqués ci-dessus, à la hausse des coûts de production des produits anciens au cours du développement. Cela n'a rien à voir avec le problème général de l'inflation, qui est beucoup plus complexe.

4) L'ordolibéralisme a été précisément l'un des tout premiers mouvements après la 2è guerre mondiale à réagir contre les errements du 20è siècle, suivi, surtout après la crise pétrolière, par des mouvements semblables dans beucoup d'autres pays.

hayekFan

Merci pour votre reponse.
Avant toute consideration, je viens de re-decouvrir sur le blog de votre frere un message que vous m'avez adresse en Juillet 2005, dans lequel vous suggeriez pour l'
Europe unie plutot un model liberiste US que l'ordoliberalisme allemand.
Excellent!

2) "Je ne sais pas comment vous expliquez vous-même la brutale augmentation des écarts de rémunération depuis une vingtaine d'années" Pour moi liquidite est le maitre mot. Si on a pu payer des dixaines de millions a M. Zacharias et a M. Bernard c'est que cet argent a ete obtenu facilement, par l'emprunt (a des taux historiquement bas) ou par les benefices consequents a des hausses des prix spectaculaires. L'augmentation continue et colossale de la masse monetaire, l'assouplissement de la politique monetaire, aux US comme en Europe est responsable de ces remuneraions monstrueuses.

3) Or et argent ne sont pas seulement des matieres premieres, comme les errements de Keynes voudraient nous faire croire. Ils ont ete pendant toute l'histoire du monde les seules et vraies monnaies. L'experiment de s'en passer, qu'on est en train d'effectuer depuis quelques decennies, se revele catastrophique: livrees a elles memes les banques centrales creent de la monnaie de falsaires et generent une course a la devaluation et a l'endettement.

Si l'ordoliberalisme nous permet d'echapper de facon concertee aux erreurs de Keynes, avec une approche revolutionnaire a la monnaie, c'est le bienvenu. Si c'est qu'une facon de mettre dans l'eau dans le vin des conflits sociaux, a fin de conserver et de ne rien changer, je vous rappelle la fable chinoise de la grenouille, qui plonge avec plaisir dans l'eau froide et y reste sans reagir pendant qu'on augmente peu a peu la temperature jusqu'a l'ebullition, correspondant hors de metaphore a une inflation Weimarienne.

Champion Maurice

Depuis plus 30 ans l'on est passé de l'économie de production à l'économie de marché, c'est à dire que ce n'est plus la production qui règle le marché mais l'acheteur qui fait son marché.

Les prélèvements, eux, sont restés sur la production en générale (Entreprises et salariés) alors qu'ils devraient être reportés, en partie, vers l'acheteur et les prélèvements de ce côté se nomment la TVA.

Alors pourquoi ne pas alimenter les caisses sociales par de la TVA en réduisant les prélèvements sur les entreprises et les salariés ?
1)Ceci aurait pour effet de diminuer les prix HT donc d’être plus compétitifs à l’export, aussi les entreprises voyants les coût de production diminuer viendraient plus aisément s’installer en France et pour celles qui y sont, moins délocaliser à l’étranger. Cela créerait des emplois et ferait accroître la conso venant aussi alimenter les caisses sociales et également diminuer les prestations par la diminution du chômage.
2)Ceci ne ferait pas augmenter les produits français car c’est du transfert des charges sur la TVA à coût nul.
3)Seuls les coûts à l’import seraient augmentés (seulement sur les prix d’achat à l’étranger bien inférieurs aux prix de vente sur le marché). Cela limiterait les imports et donc favoriserait les produits français d’où amélioration de la croissance interne.

Par ce changement :
Plus la nécessité de négocier avec le patronat, le taux de TVA, étant du ressort de nos gouvernants, et serait ajustable pour un équilibre sans déficit.
Aussi ce serait un moyen pour les pays émergents de créer du social.

En fait cette manip fonctionne comme une dévaluation en attendant que la parité Euro/dollar soit plus réaliste et favorise nos exportations.

TL

Maurice,
Tout à fait d'accord avec l'idée de réduire (voire de supprimer) les prélèvements sur les salaires et les profits en tant que tels (cotisations salariales, patronales, IS, IRPP), pour passer à la seule TVA. Ceci aurait notamment l'avantage de montrer la réalité de l'imposition française, de "rentabiliser" un peu plus l'impôt (un impôt coûte moins cher à ramasser, que quarante, pour un même prélèvement au final) pour que la dépense publique, qui n'est pas en soi un problème, soit mieux orientée.
Maintenant, je pense pour ma part que les exportations doivent être soumises à la TVA, et ce d'autant plus que le poids de cet impôt dans l'imposition totale augmente, pour désinciter des importations fictives de produits nationaux (ex : acheter en Italie un produit français pour contourner la TVA).
Enfin, concernant la remarque 3), il y a des produits qui ne sont pas du tout fabriqués en France, qu'il faut dès lors nécessairement importer. Inutile de pratiquer la fuite en avant par le protectionnisme, mieux vaut innover et se différencier.

Champion Maurice

Je ne suis pas du tout économiste, malgré que chacun l'est un peu pour gérer son budjet...
Mon post, n'est qu'une remarque de principe avec pour objet de coller avec plus de réalité l'économie de marché avec l'économie sociale.

Donc ce n'est que mon avis qui me semble réaliste. Pour mettre en éventuelle application progressive cela est du ressort des spécialistes économiques et politiques.

Je crois que la meilleure manière de faire rentrer des fonds pour le social, c'est de créer des emplois pour aller vers un chomage minimal. Cette taxation sur la TVA me semble aller dans ce sens.

FB

Champion Maurice et TL,
Vos observations concernant le transfert des charges sociales sur la TVA appelaient bien évidemment une réponse de ma part. Je l'ai retardée dans l'attente d'autres réactions qui ne sont finalement pas venues. Je viens de la rédiger et, comme le texte a pris une certaine ampleur, j'ai jugé préférable de la publier sous la forme d'une nouvelle Note à laquelle je vous prie de vous reporter.
Vous y verrez que je ne puis malheureusement pas partager votre suggestion. Je dis "malheureusement" parce que je suis, comme vous et beaucoup de ceux qui s'intéressent à ces questions, très désireux de trouver des moyens pour rationaliser et simplifier le système fiscal et la protection sociale. Et, même si cet idéal paraît difficile à atteindre, je persiste à y croire, à condition toutefois que soit d'abord révisée et partiellement réduite toute la structure de la dépense publique et sociale. Je crois que telle est la voie à explorer par les réformateurs réalistes.

Mannechez Solène

Que penses tu de l'influence de l'ordo-libéralisme sur la BCE?

FB

Mannechez Solène, votre commentaire m'étonne beaucoup. D'une part, je n'arrive pas à me souvenir de vous avoir jamais rencontré et a fortiori d'avoir été jusqu'à vous tutoyer, mais peut-être ma mémoire est-elle défaillante. D'autre part, quant à votre question, il me semble y avoir répondu d'avance et très précisément dans l'avant-dernier paragraphe de ma Note ci-dessus, qui a sans doute dû vous échapper et que je vous invite à relire.

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